Introduction au romantisme

Qu’est-ce que le romantisme ? – Caractéristiques

« Le romantisme ne se situe précisément ni dans le choix du sujet, ni dans la vérité exacte, mais dans une manière de ressentir. » Charles Baudelaire (1821-1867)

Malgré les premiers efforts de pionniers comme El Greco (Domenikos Theotocopoulos) (1541-1614), Adam Elsheimer (1578-1610) et Claude Lorrain (1604-82), le style que nous connaissons sous le nom de romantisme ne prit son essor qu’à la fin du XVIIIe siècle, lorsque l’élément héroïque du néoclassicisme prit une place centrale en peinture. Cet élément héroïque combiné à l’idéalisme révolutionnaire a donné naissance à un style romantique émouvant, qui est apparu dans le sillage de la Révolution française en réaction contre l’art académique restreint de l’establishment artistique. Les principes du romantisme comprenaient : un retour à la nature – illustré par l’accent mis sur la peinture en plein air spontanée – une croyance en la bonté de l’humanité, la promotion de la justice pour tous, et une croyance forte dans les sens et les émotions, plutôt que dans la raison et l’intellect. Les peintres et les sculpteurs romantiques avaient tendance à exprimer une réponse personnelle émotionnelle à la vie, en contraste avec la retenue et les valeurs universelles préconisées par l’art néoclassique. Les architectes du XIXe siècle, eux aussi, ont cherché à exprimer le romantisme dans la conception de leurs bâtiments : voir, par exemple, l’architecture victorienne (1840-1900).

Parmi les plus grands peintres romantiques figurent Henry Fuseli (1741-1825), Francisco Goya (1746-1828), Caspar David Friedrich (1774-1840), JMW Turner (1775-1851), John Constable (1776-1837), Theodore Gericault (1791-1824) et Eugene Delacroix (1798-63). L’art romantique n’a pas remplacé le style néoclassique, mais a plutôt servi de contrepoids à la sévérité et à la rigidité de ce dernier. Bien que le romantisme ait décliné vers 1830, son influence s’est poursuivie longtemps après. NOTE : Pour voir le rôle que la peinture romantique a joué dans l’évolution de l’art du 19e siècle, voir : Du réalisme à l’impressionnisme (1830-1900).

Origines du romatisme

Après la Révolution française de 1789, un changement social important s’est produit en une seule génération. L’Europe a été secouée par des crises politiques, des révolutions et des guerres. Lorsque les dirigeants se sont réunis au Congrès de Vienne (1815) pour réorganiser les affaires européennes après les guerres napoléoniennes, il est apparu clairement que les espoirs des peuples pour  » la liberté, l’égalité et la fraternité  » ne se sont pas réalisés. Cependant, au cours de ces 25 années d’agitation, de nouvelles idées et de nouvelles attitudes ont fait leur apparition dans l’esprit des hommes.

Le respect de l’individu, de l’être humain responsable, qui est déjà un élément clé de la peinture néoclassique, a donné naissance à un phénomène nouveau mais connexe : l’intuition émotionnelle. Ainsi, le néoclassicisme cool et rationnel était maintenant confronté à l’émotion et à l’imagination individuelle qui en découlait. Au lieu de faire l’éloge du stoïcisme et de la discipline intellectuelle de l’individu (néoclassicisme), les artistes ont également commencé à célébrer l’intuition émotionnelle et la perception de l’individu (romantisme). C’est ainsi qu’au début du XIXe siècle, une variété de styles, tous façonnés par des caractéristiques nationales, ont commencé à émerger sous le nom de  » romantisme « .

Le mouvement a commencé en Allemagne où il était motivé en grande partie par un sentiment de lassitude du monde (« Weltschmerz »), un sentiment d’isolement et une soif de nature. Plus tard, des tendances romantiques apparurent également dans la peinture anglaise et française.